Olivier Guerrier

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

À propos des énormités que l'on peut lire, voir, entendre et parfois subir dans ce monde devenu fou (même si je doute que le monde ait déjà été lucide)

samedi 19 mai 2007

Gouvernement et contradictions

«La politique, c'est l'art de survivre à ses contradictions». Je ne sais pas si quelqu'un a sorti cet adage avant moi, mais c'est ce que m'inspire l'annonce du nouveau gouvernement. D'un autre côté, ça aurait pu être pire. Je trouve juste un peu dommage que Sarkozy applique ce qu'il a démolie pendant toute sa campagne... Pour reprendre une expression qu'il avait utilisée contre Bayrou: «j'espère qu'il a demandé l'autorisation à ses électeurs».

Bon c'est aussi lui qui avait dit, toujours à propos de Bayrou:
- «C'est la caricature du cynisme et de l'opportunisme.»
- «Sa victoire conduirait à l'immobilisme dans un premier temps, à la crise politique dans un deuxième.»

Mais la palme revient au directeur de campagne de Sarkozy Claude Guéant qui avait déclaré en février que le concept du «rassemblement» imaginé par M. Bayrou est «une illusion complète». Ce qui n'empêchera pas notre Président de déclarer récemment «J'ai voulu ce rassemblement, j'ai voulu cette ouverture, je sais bien que ça peut provoquer des questions ou des problèmes...»

Les questions et les problèmes, je les vois plutôt arriver par les ministres du premier cercle, les fidèles, chaudement remerciés de leur ... fidélité justement. Plutôt que s'étendre, juste un exemple: en nommant Rachida Dati à la justice, il aurait aussi bien pu dire qu'il s'occuperait directement de ce sujet, avec Dati comme secrétaire (d'état?). Rien de sexiste ici ! ce serait un homme qu'il serait logé à la même enseigne. Quelle autonomie aura t'elle ? De toute façon, elle pourrait avoir toute l'autonomie possible qu'elle ne s'en servirait certainement pas.

C'est un peu l'image que donne ce gouvernement, à commencer par le premier des ministres François Fillon, qui revendique lui-même que son poste tient plus du directeur de cabinet que du premier ministre...

Affaires à suivres...

lundi 14 mai 2007

Il y a pire que la censure

La censure est la limitation par un tiers de notre liberté d'expression. Quelqu'un ne veut pas que vous disiez quelque chose, et va vous en empêcher par tous les moyens à sa disposition. Supposer que la censure puisse avoir cours aujourd'hui en France, c'est une idée qui me fait peur. Heureusement ce n'est qu'une idée ... pour le moment et jusqu'à preuve du contraire.

Mais il y a pire que la censure. Le pire, c'est quand les personnes en charge d'utiliser et défendre la liberté d'expression (parce que c'est une belle idée, ET parce que c'est sensé être la base de leur métier) choisissent de s'autocensurer.

Comment peut-on oser écrire ça:

Le vote n'étant pas une obligation, se rendre aux urnes relevant du choix personnel et de la sphère privée, j'ai décidé de ne pas publier ce papier.

Sauf que dans ce cas précis, ce n'est pas de la sphère privée. Si la femme d'un candidat à la présidentielle ne veut pas voter pour son mari, personne ne l'empêche d'aller voter blanc ou nul ou pour son adversaire, c'est discret, confidentiel, et tant qu'elle se s'épanche pas en confidences c'est effectivement privé. Que la même personne choisisse de ne pas se déplacer, ce qui n'est pas discret et pas confidentiel devrait pouvoir être diffusé et commenté dans la presse. Si «se rendre aux urnes relève du choix personnel et de la sphère privée», pourquoi montrer à la télé le fait qu'untel (ou son mari, ou sa femme) ,est bien allé voter tel jour à tel heure ?

Il ne s'agit en aucune manière de censure mais d'une décision, en son âme et conscience, du directeur de la rédaction.

C'est donc ça, la nouvelle définition de l'autocensure ? Ce n'est pas de la censure, mais le résultat est le même...

vendredi 11 mai 2007

Il n'y a pas plus sourd...

... que celui qui ne veut pas entendre:

Je crois, pour ma part, que cela provient du fait que le problème posé par les machines à voter est plus psychologique que technique. (Jean-Louis DEBRE)

Bhhheeuaourg... ça y est, a vomi.

Je reprend ici ce petit commentaire que j'ai laissé dans un journal linuxfr parlant du rapport final du conseil constitutionnel sur le second tour de l'élection présidentielle, principalement des passages concernant l'usage des ordinateurs de vote.

jeudi 10 mai 2007

Aïe, ça pique ...

Je ne sais pas si vous vous souvenez du sketch des guignols ou Chirac arrivait la tronche en biais, la marionnette de PPDA lui demandait comment il allait avec tous ses amis qui partaient grossir les rangs de Balladur... Chirac répondait «ça pique un peu». Et quand il se retournait, on lui voyait une collection de haches et de poignards plantée dans le dos.

Quand je vois ce qui ce passe à l'UDF, je me dis que c'est ce que doit ressentir Bayrou. Incroyable de voir à quel point la préservation des intérêts personnels est plus importante que la morale chez certains politiques... J'espère que le crime ne paiera pas et que les électeurs de Bayrou se reporteront sur le candidat du Mouvement Démocratique aux prochaines législatives.

mercredi 9 mai 2007

Similitudes africaines

Le récent crash aérien d'un avion de Kenya Airways, et la polémique sur la lenteur des secours me rappellent tristement celui qui a eu lieu en 2000, au décollage d'Abidjan, et qui s'est écrasé en mer 33 secondes après le décollage. Je n'ai toujours pas compris comment les premiers bateau de recherche ont pu être envoyé à presque 20km au large, alors que le crash avait eu lieu à moins de 2500m des côtes, dans l'axe de la piste... Ni pourquoi et comment l'avion a pu toucher l'eau avec son train sorti, ce qui ajouté à la vitesse de l'avion a certainement aggravé les conséquences de l'amerrissage.

Le pire dans cette histoire, c'est le pauvre plongeur kenyan envoyé pour participer au repêchage des corps. Bien qu'il n'avait visiblement pas les qualifications requises pour ces profondeurs (l'épave était à 50m et plus), et malgré les tentatives de dissuasion opérées par les personnes présentes, il s'est senti obligé d'y aller, plus ou moins forcé par sa hiérarchie, et ce qui devait arriver arriva, il s'est noyé... Même si il y a bien eu 169 morts dans l'avion, il y a une différence entre des morts accidentelles, et une mort annoncée.

Et pour ceux qui liraient le rapport de l'accident, le passage sur l'absence de données du FDR est un exemple de transparence et de clarté:

Des données correspondant à une succession de séries de « 0 » et de « 1 » étaient enregistrées mais ne correspondaient pas à des paramètres de vol.En conséquence, cet enregistreur n’a pas servi la Commission d’enquête pour déterminer la cause de l’accident.