La question a été bien comprise: "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ?" NON.

À aucun moment la légitimité de l'Europe n'a été mise en cause. Qu'une partie du NON représente la volonté de quelques uns de voir l'Europe s'arrêter là, c'est possible, mais il faut pas perdre de vue qu'une partie du OUI était le fruit de ceux qui étaient très contents d'un projet timide sur le chapitre politique et téméraire sur le chapitre économique.

Maintenant que cette constitution est rejetée, il va falloir très vite que les forces du NON pro-Europe se mobilisent pour (re?)lancer la machine européenne que les tenants du OUI voient déjà morte et enterrée.

Le problème du moment, c'est qu'a force de refuser un vrai débat sur le texte et de se contenter d'une unanimité de façade pour diffuser une propagande d'état, ils ont diabolisé et extrémisé des arguments du NON qui avaient pourtant toute leur place au milieu de l'échiquier politique. Ce qui m'amène à une question: qui sera là demain pour représenter les NON du milieu ?

Les ténors de droite comme de gauche se sont décrédibilisés tous seuls avec leur position autiste. Mais comme il n'est pas non plus question de laisser la totalité des 55% de NON dans les mains des extrèmes, il va falloir que les hommes politiques de second rang, partisans modérés du NON se révélent. Le fait qu'ils n'aient pas eu le courage de se dévoiler avant aujourd'hui est une lâcheté qu'il faudra bien leur pardonner.